Les sept péchés capitaux

Un roman photo produit par AlmaSoror dans le cadre de VillaBar

Photos de Marcella Barbieri et Sara

Retour à la page d'accueil

La paresse,
péché de Taavi Pekonen

La paresse a avalé ma vie.
Ma vie, je l’ai consacrée à accomplir les tâches demandées. Aucune banque, aucun patron, aucun professeur, aucune institution ne m’a jamais reproché de chômer. Et ils ont appelé cela paresse, au jour récent de mon Jugement : paresse de l’âme, qui met le corps et l’intellect au travail pour occulter la voix éternelle de Dieu.
Comment expliquer à ceux qui vivent encore qu’il ne faut pas faire ce qu’on nous demande de faire ; qu’il faut faire ce qu’on ne nous demande pas ?! Cela n’était écrit nulle part, ni dans mon cœur, que j’écoutais quelquefois ; ni dans mes livres,

L'orgueil, péché de Love-Emulsion Shine

L’orgueil m’a séduit plus d’une fois. N’est-il pas plus tentant que la beauté simple qui s’ignore ? Certes, je ne peux le nier. J’ai épousé 7 hommes. Au fond, chaque fois, c’est à l’orgueil que mon cœur se donnait au moment de la cérémonie nuptiale. Mais au jour du jugement, pourquoi faut-il que les êtres les plus étincelants soient les plus dégradés ? Si je n’avais pas eu conscience de ma propre beauté, aurais-je pu saisir celle de la Terre, celle des autres êtres ? Une femme laide a-t-elle mieux vécu que moi parce qu’elle n’a pu s’enorgueillir de sa beauté ? Si nos dons, si nos grâces sont des pièges, les laids,

La gourmandise, péché
de Lilas L.S. Snuk

- C’est ce que chacun croyait, Love-Emulsion.
Mais la plus belle, la plus douloureuse, la plus persistante et la plus merveilleuse de mes fautes était indicible. On me croyait pute ; on me croyait avide d’argent ; on me croyait avide de jeux. Je laissais croire à toutes les impudeurs, parce qu’il vaut mieux être criminelle que bouffonne.
Et pourtant, je voulais des gâteaux.
Plus que la paresse qui t’a pris, Taavi, plus même que l’orgueil qui te possédais, Love-Emulsion, la gourmandise était mon péché mignon. J’aurais sacrifié tous les autres péchés à cette

La luxure,
péché d'Ozanne Sommertag

- Hélas. La luxure. Comment pouvais-je m’en sentir coupable ?
Je n’aimais pas les occupations de la chair. Une grande partie de ma vie se passa à prier ; à lire ; à songer. Je forçai mon corps à de longues séances sportives qui m’épuisaient, ainsi qu’à des sessions de méditation bouddhique. Dès lors, quel choc quand j’entendis Saint-Pierre parler du poids de ma luxure ! Si les voies du Paradis sont impénétrables, celles du purgatoire même m’ont été fermées. N’aurais-je rien compris à l’ordre du monde ? Ou bien, est-ce la façon dont je regardais

L'avarice, péché
de Marie-Jeanne Le Breton

La luxure, quelle bêtise de se perdre pour cela. Quant à moi, c’est une erreur. Dieu s’est trompé. J’étais si prodigue ! Qui eut pu me reprocher l’avarice, moi qui payais restaurants et vacances, cadeaux et parties de théâtre à des myriades de vrais et de faux amis, quand je possédais bien moins que beaucoup ! Or, il est apparu aux Juges que ce que je donnai, je me le donnais à moi. Oui, je pouvais et voulais donner, soit mon argent, soit mon cœur, mais il m’était totalement impossible de donner mon argent et mon cœur. J’aurais préféré mourir. Est-ce avare de toujours donner ou son argent,

La colère,
péché de Venexiana Atlantica

- Souvent, la colère s’est levée. J’ai craché, gueulé, frappé. J’ai cassé des choses. Mais par delà la colère simplement humaine, comment Dieu pourrait-il ignorer que la création a lieu dans l’orage ? Aurais-je construit l’œuvre que j’ai faite sans élever le ton ? Aurais-je dû me taire au lieu de dénoncer les injustices ? Aurais-je dû obéir à un petit chef idiot au lieu d’accoucher d’étoiles littéraires ? Car j’ai autant créé que j’ai crié ! J’ai autant soulagé que j’ai crié ! Mes furies étaient mues tantôt par le désespoir, tantôt par la justice, tantôt par la pression créatrice. N’ai-je pas nourri ceux qui m’ont crainte ?

L'envie,
péché de Léonce Després

- J’étais parfait. Ma vie humaine s’est déroulée dans l’harmonie, et ne fut pas souillée par la moindre faute. L’envie ne m’avait pas encore atteint. Mais depuis que je suis mort, elle me dévore, seconde après seconde. Le passage eut lieu juste à la fin de l’examen de Saint-Pierre. J’ai regardé avidement les portes du Paradis. Aussitôt, cela m’a mené en enfer. Alors, je regarde les portes du Purgatoire, et je meurs d’envie de les franchir. Oh, l’enfer est confortable et agréable, les gens sont sympathiques, la nourriture et l’ambroisie sont bonnes, mais l’Envie ! L’envie de paradis m’oppresse et m’obsède et m’empêche de trouver le repos : comment vais-je supporter

Retour à la page d'accueil